Transports au Maroc : une révolution à l’horizon 2030 pour connecter le royaume et préparer l’avenir
À l’approche de la Coupe du monde 2030 et face aux nouveaux défis économiques, le Maroc engage une transformation sans précédent de son secteur des transports.
Maritime, aérien, ferroviaire, mobilité urbaine et sécurité routière : tous les grands piliers de la mobilité nationale sont concernés par une stratégie globale portée par le ministère du Transport et de la Logistique.
Présentée par le ministre Abdessamad Kayouh devant la Chambre des représentants, cette feuille de route vise un objectif clair : moderniser les infrastructures, renforcer la souveraineté logistique du Royaume, améliorer la sécurité et garantir une meilleure connexion entre les territoires.
⚓ LE MAROC VEUT RECONQUÉRIR SA SOUVERAINETÉ MARITIME
L’un des grands chantiers concerne le retour d’une flotte maritime commerciale nationale forte.
Le constat est préoccupant : alors que le Maroc disposait d’environ 80 navires dans les années 1970, sa flotte ne compte aujourd’hui plus que 12 unités, alors que le transport maritime représente près de 95 % des échanges extérieurs du Royaume.
Pour inverser cette tendance, le gouvernement mise sur une nouvelle stratégie fondée sur des incitations à l’investissement, des mécanismes de soutien public et des partenariats public-privé afin de réduire la dépendance aux pavillons étrangers.
Une première étape a déjà été franchie en 2026 avec la mobilisation de 27 navires appartenant à sept compagnies, assurant des liaisons sur 12 lignes maritimes reliant le Maroc à l’Espagne, la France et l’Italie.
✈️ LE TRANSPORT AÉRIEN CHANGE D’ÉCHELLE
Le secteur aérien connaît également une forte accélération.
Aujourd’hui, 58 compagnies aériennes sont autorisées à opérer au Maroc, avec plus de 2.400 vols hebdomadaires.
Les autorités assurent un suivi régulier des prix des billets tout en poursuivant une politique d’ouverture internationale, notamment pour faciliter les déplacements des Marocains résidant à l’étranger.
L’ambition est particulièrement élevée : la flotte de Royal Air Maroc doit passer de 60 appareils actuellement à 200 avions à l’horizon 2034.
Parallèlement, la capacité des aéroports marocains devra atteindre 80 millions de passagers en 2030, grâce à l’agrandissement de plusieurs plateformes et à la construction d’un nouvel aéroport à Casablanca capable d’accueillir 40 millions de voyageurs.
LE FERROVIAIRE AU CŒUR DE LA NOUVELLE CONNECTIVITÉ
Sur les rails, le Maroc accélère également ses grands projets.
L’extension de la ligne à grande vitesse entre Rabat et Marrakech avance, tandis que les études techniques pour prolonger le réseau vers Agadir et connecter le port de Tanger se poursuivent.
L’objectif est de créer un véritable maillage national permettant de rapprocher les régions, de fluidifier les déplacements et d’accompagner le développement économique des territoires.
LES TROTTINETTES ET VÉLOS ÉLECTRIQUES ENTRERONT DANS UN NOUVEAU CADRE
Autre changement majeur : la première réglementation des nouveaux modes de déplacement urbain.
Face à l’absence de règles précises concernant les vélos électriques et les engins de déplacement personnel, le Conseil de gouvernement a adopté un nouveau cadre destiné à améliorer la sécurité.
Désormais, ces engins seront soumis à plusieurs obligations :
✅ vitesse maximale limitée à 25 km/h
✅ interdiction du port d’écouteurs pendant la conduite
✅ obligation d’équipements de signalisation et d’éclairage adaptés
✅ assurance obligatoire
Cette réglementation vise à réduire les accidents et à organiser une meilleure cohabitation entre ces nouveaux moyens de déplacement et les autres usagers de la route.
UNE NOUVELLE APPROCHE POUR LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE
Le ministère prévoit également une réforme profonde du contrôle technique automobile.
Le programme prévoit la création de 240 nouveaux centres d’inspection à travers le pays afin de réduire les inégalités territoriales, améliorer la qualité des contrôles et renforcer la prévention des accidents.
La modernisation passe aussi par la digitalisation. La simplification des procédures administratives a déjà permis de réduire considérablement les délais d’obtention des autorisations de transport mixte : autrefois plusieurs mois, ils sont désormais traités en moins d’une semaine.
Cette réforme a facilité le traitement d’environ 1.400 dossiers en coordination avec les autorités locales.
DÉSENCLAVER LES RÉGIONS ET AMÉLIORER L’INTERMODALITÉ
L’équité territoriale reste un axe majeur de cette stratégie.
De nouvelles liaisons aériennes utilisant des appareils de type Boeing ont été lancées vers Errachidia, tandis que l’extension de l’aéroport de Nador progresse après la finalisation du schéma aéroportuaire national.
Le ministère travaille également sur une étude dédiée aux pôles d’échanges, afin de créer des espaces où voitures, bus et trains pourront être connectés de manière plus fluide et efficace.
2030 : UN TOURNANT HISTORIQUE POUR LA MOBILITÉ MAROCAINE
Avec cette feuille de route, le Maroc prépare une véritable mutation de son système de transport.
Entre infrastructures géantes, modernisation numérique, souveraineté maritime, expansion aérienne, développement ferroviaire et nouvelles règles de mobilité urbaine, le Royaume veut bâtir un réseau capable de répondre aux défis des prochaines décennies.
La Coupe du monde 2030 apparaît ainsi comme un accélérateur d’une transformation plus profonde : faire du Maroc un hub logistique moderne reliant l’Afrique, l’Europe et le monde.