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Évènements de Sebta et Melilla : l’AMDH réclame une enquête indépendante et évoque 141 morts L’Association marocaine des droits humains (AMDH) demande l’ouverture d’u
By DIDIER Boucard
Published on 08/08/2026 08:40
News

Évènements de Sebta et Melilla : l’AMDH réclame une enquête indépendante et évoque 141 morts

 

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) demande l’ouverture d’une enquête indépendante, transparente et globale sur les événements tragiques survenus les 30 et 31 juillet à Sebta et Melilla occupées.

 

Lors d’une conférence de presse organisée à Rabat en partenariat avec la Coordination européenne pour les droits humains au Maroc, l’organisation a appelé à établir les responsabilités, à faire toute la lumière sur les circonstances du drame et à déterminer les éventuelles suites judiciaires.

 

Selon l’AMDH, le bilan humain serait bien plus lourd que les chiffres communiqués jusqu’à présent. L’association avance un total de 141 décès liés aux tentatives de rejoindre Sebta occupée et affirme que les victimes comprendraient des personnes issues de 11 nationalités arabes.

 

⚠️ « LE BILAN ANNONCÉ NE REFLÈTE PAS LA RÉALITÉ », AFFIRME L’AMDH

 

La présidente de l’association, Souad Brahma, estime que les informations recueillies auprès des personnes revenues ainsi que les témoignages collectés par les acteurs de terrain montrent un bilan supérieur aux chiffres officiels.

 

Pour elle, ces événements ne peuvent pas être réduits à une simple tentative de franchissement de frontière.

 

Ils révèlent, selon l’AMDH, une crise sociale profonde, marquée par la fragilisation des mécanismes de médiation, l’affaiblissement du rôle des partis politiques et des syndicats, ainsi que le sentiment d’absence de perspectives chez une partie de la jeunesse.

 

️ UNE « GRANDE TRAGÉDIE HUMAINE » QUI NÉCESSITE DES RÉPONSES

 

L’organisation considère que le drame de Sebta et Melilla traduit un échec des politiques publiques et appelle à une enquête permettant de comprendre les différentes responsabilités.

 

Souad Brahma a notamment estimé que cette tragédie reflète une situation où « la mer est devenue plus clémente que l’État », dénonçant l’absence, selon elle, d’une réponse institutionnelle à la hauteur de l’ampleur du drame.

 

L’AMDH critique également l’absence de proclamation d’un deuil national après ces événements.

 

DES CRITIQUES SUR LA GESTION JUDICIAIRE DES RETOURS

 

L’association a également réagi aux explications avancées par le porte-parole du ministère marocain de l’Intérieur, qui avait évoqué l’implication de réseaux de traite des êtres humains.

 

Pour l’AMDH, cette explication ne suffit pas et s’apparenterait à une volonté de détourner l’attention des causes profondes du phénomène.

 

L’organisation dénonce aussi la situation judiciaire de plusieurs candidats à la migration revenus après les événements, estimant qu’ils devraient bénéficier d’une prise en charge plutôt que de poursuites.

 

Selon les chiffres présentés lors de la conférence de presse, 59 personnes seraient placées en détention provisoire à Tétouan, dont 5 mineurs, tandis que 52 autres personnes seraient détenues à Nador, parmi lesquelles 18 mineurs accueillis dans un centre de protection de l’enfance.

 

L’association évoque également 11 personnes poursuivies devant la Cour d’appel de Nador pour des accusations criminelles, notamment entrave à la circulation, violences contre des agents publics et rébellion collective.

 

« LA TRAGÉDIE A COMMENCÉ AVANT LE 30 JUILLET »

 

De son côté, Achraf Maimoun, président de la section AMDH de Tétouan, affirme que les événements avaient commencé plusieurs jours avant la crise du 30 juillet.

 

Il évoque notamment une tentative de franchissement impliquant plus de 500 personnes le 27 juillet, selon des données attribuées à la partie espagnole de Sebta occupée.

 

Le responsable associatif affirme également que plusieurs familles contactent l’association depuis mai dernier pour signaler qu’elles n’ont toujours pas récupéré les corps de leurs proches.

 

Selon lui, les opérations de recherche n’auraient pas été suffisamment importantes, estimant que les autorités marocaines se seraient limitées à récupérer les corps retrouvés à la surface de l’eau.

 

Il affirme qu’actuellement 21 corps se trouvent dans une morgue, parmi lesquels figureraient des migrants originaires de 11 nationalités.

 

« Ce ne sont pas des chiffres, ce sont des personnes qui avaient des rêves et qui voulaient vivre dignement », a déclaré Achraf Maimoun.

 

L’AMDH MET EN CAUSE LES POLITIQUES MIGRATOIRES EUROPÉENNES

 

Dans les documents distribués lors de la conférence de presse, l’Association marocaine des droits humains a également dénoncé les politiques migratoires européennes, jugées trop restrictives et inhumaines.

 

Selon l’organisation, ces politiques auraient transformé les migrants en « instrument politique » utilisé par certaines forces de droite européennes pour renforcer leur influence et détourner l’attention des difficultés sociales internes.

 

L’AMDH estime enfin que la tragédie de Sebta et Melilla doit être replacée dans un contexte plus large, marqué par les inégalités entre les pays du Nord et du Sud et par les déséquilibres économiques et sociaux qui alimentent les mouvements migratoires.

 

UNE DEMANDE D’ÉCLAIRCISSEMENT SUR UN DRAME QUI CONTINUE DE SUSCITER DES QUESTIONS

 

Avec son appel à une enquête indépendante, l’AMDH souhaite que les circonstances exactes du drame soient établies et que les responsabilités soient déterminées, alors que les événements de Sebta et Melilla continuent de provoquer débats et interrogations au Maroc comme en Europe.

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